Guide · SAS, SARL · 2026

Créer à plusieurs : SAS ou SARL, le statut de chacun

À plusieurs, chacun n'a pas le même statut : tout dépend de son rôle et de sa part du capital. Ce qui change par rapport à une SASU ou une EURL, qui se paie comment, et ce qu'il vaut mieux régler avant de signer les statuts.

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  • Sources officielles citées
  • 12 min de lecture

Écrit à partir des textes officiels, avec les mêmes données que Sacha. Relecture par une experte-comptable prévue.

Dans ce guide · 10 parties
  1. 1Le statut de chacun
  2. 2Gérant de SARL : majoritaire ou minoritaire
  3. 3Se rémunérer à plusieurs
  4. 4Partager les dividendes
  5. 5La règle des 10 % en SARL
  6. 6Chômage, ACRE et ARCE quand on crée à plusieurs
  7. 7Être associé et salarié
  8. 8Mettre de l'argent dans la société
  9. 9Les accords entre la société et un associé
  10. 10Ce qui relève d'un avocat

L'essentiel en 30 secondes

  • Une SASU est une SAS à un seul associé, une EURL une SARL à un seul associé. Dès qu'un deuxième associé entre, c'est la même société qui change de nom.
  • En SAS, le président et les directeurs généraux rémunérés sont assimilés salariés, quelle que soit leur part du capital.
  • En SARL, les gérants rémunérés sont assimilés salariés s'ils détiennent ensemble la moitié du capital ou moins, avec leur conjoint et leurs enfants mineurs ; au-delà, ils sont travailleurs indépendants. Deux cogérants à 50 % chacun détiennent ensemble 100 % : ils sont majoritaires.
  • Un associé sans mandat ni contrat de travail ne se verse pas de salaire : il touche sa part des dividendes, sans cotisations de dirigeant.
  • Les dividendes se partagent selon la part du capital de chacun, sauf clause des statuts.

Qui est quoi

Ton rôleTon statut socialTa rémunérationTes dividendes
Président ou directeur général de SASAssimilé salariéCotisations comme un salarié, sans assurance chômageSans cotisations
Gérant minoritaire ou égalitaire de SARLAssimilé salariéCotisations comme un salarié, sans assurance chômageSans cotisations
Gérant majoritaire de SARLTravailleur indépendantCotisations de travailleur indépendantCotisations au-delà de 10 % de l'apport de ta famille
Associé sans mandatAucun, par la sociétéPas de rémunérationSans cotisations
Associé salariéSalariéCotisations de salarié, chômage compris si le contrat est réelSans cotisations

Le statut de chacun

Le code de la sécurité sociale range le président et les dirigeants de SAS parmi les assimilés salariés, quel que soit le nombre d'associés et la part du capital qu'ils détiennent, même nulle ou majoritaire. Ils n'ont pas besoin d'être associés.

Un dirigeant assimilé salarié cotise sur sa rémunération comme un salarié, sauf pour l'assurance chômage : son mandat ne lui ouvre aucun droit au chômage. Sans rémunération, il ne cotise pas, mais il ne valide ni trimestres de retraite ni indemnités journalières.

Un associé qui n'est ni dirigeant ni salarié n'a ni rémunération ni protection sociale par la société. Il touche sa part des dividendes, imposée en principe à 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), ou au barème sur option.

Gérant de SARL : majoritaire ou minoritaire

On additionne les parts de tous les gérants, en pleine propriété ou en usufruit, et pour chacun celles de son conjoint ou partenaire de PACS, de ses enfants mineurs et des sociétés qu'il contrôle. Plus de la moitié du capital : la gérance est majoritaire et tous les gérants sont travailleurs indépendants, même ceux qui ont peu de parts. La moitié ou moins : elle est minoritaire ou égalitaire, et les gérants rémunérés sont assimilés salariés.

Exemples

  • Gérant unique à 50 % : égalitaire, assimilé salarié.
  • Deux cogérants à 50 % chacun : 100 % ensemble, majoritaire. Les deux sont travailleurs indépendants.
  • Deux cogérants à 30 % chacun : 60 % ensemble, majoritaire. Les deux sont travailleurs indépendants, même si aucun n'a la majorité seul.
  • Gérant à 40 % dont le conjoint, non gérant, a 15 % : 55 %, majoritaire.
  • Un associé à 70 % qui n'est pas gérant n'entre pas dans le calcul.

Le statut peut changer en cours de route : cession de parts, nomination ou départ d'un gérant, mariage ou PACS.

Se rémunérer à plusieurs

La rémunération paie un mandat de dirigeant ou un travail, pas le fait d'être associé. On peut donc ne rémunérer qu'un seul associé : celui qui dirige. L'autre profite des bénéfices par les dividendes, et pourra être payé plus tard s'il devient dirigeant ou salarié.

Qui décide : en SAS, ce sont les statuts (souvent les associés, parfois un comité). En SARL, la rémunération du gérant est fixée par les statuts ou par une décision des associés ; ce n'est pas une convention réglementée et le gérant associé peut voter. Dans les deux cas, garde une décision écrite, prise avant le versement.

Pour être déductible, la rémunération doit correspondre à un travail réel et ne pas être excessive. Un majoritaire qui se vote une rémunération excessive s'expose à une contestation des autres associés.

Partager les dividendes

Le code civil partage les bénéfices à proportion de la part de chacun dans le capital, sauf clause contraire. Une clause qui donnerait tout le bénéfice à un associé, ou qui en exclurait totalement un autre, est réputée non écrite. En SAS, des actions de préférence peuvent donner d'autres droits financiers.

Les dividendes se votent après l'approbation des comptes, sur le bénéfice distribuable, après la dotation à la réserve légale.

Exemple chiffré

SAS, 60 000 € de bénéfice, tout distribué en dividendes, président à 50 %

Impôt sur les sociétés
10 750 €
Dividendes distribués
49 250 €
Part du président
24 625 €, soit 16 893 € après le prélèvement forfaitaire de 31,4 %
Part des autres associés
24 625 €

En SASU, le président garderait 33 785 €. À plusieurs, le « tout en dividendes » ne lui laisse que sa part.

Toucher moins que sa part pour payer moins d'impôt ? Une fois la distribution votée, le dividende est acquis et imposé ; le laisser aux autres peut être vu comme une donation. Une répartition différente se prévoit dans les statuts, avec un avocat.

La règle des 10 % en SARL

Pour un gérant majoritaire, la part des dividendes perçus par lui, son conjoint ou partenaire de PACS et ses enfants mineurs qui dépasse 10 % de leur apport (capital, primes d'émission et comptes courants qu'ils détiennent) supporte des cotisations de travailleur indépendant. Les dividendes des autres associés n'y sont pas soumis. Un gérant minoritaire ou égalitaire n'est pas concerné.

Exemple chiffré

  • Capital de 10 000 € ; le gérant et son conjoint ont 60 % des parts (6 000 €) et 4 000 € en compte courant : leur apport est de 10 000 €, le seuil de 1 000 €.
  • Dividende total de 30 000 € : la famille reçoit 18 000 €, dont 17 000 € supportent des cotisations.
  • Les 12 000 € des autres associés n'en supportent pas.

Chômage, ACRE et ARCE quand on crée à plusieurs

Chaque fondateur garde ses propres droits. Pour l'ACRE en société, et donc pour l'ARCE, les demandeurs doivent avoir le contrôle effectif de la société, dans l'un de ces trois cas :

  1. détenir, seul ou avec sa famille, plus de la moitié du capital, dont au moins 35 % à titre personnel ;
  2. être dirigeant et détenir avec sa famille au moins un tiers du capital, dont au moins 25 % à titre personnel, aucun autre associé n'en détenant plus de la moitié ;
  3. créer à plusieurs demandeurs : ensemble plus de la moitié du capital, l'un au moins étant dirigeant, et chacun au moins un dixième de la part du principal associé.

Exemples

  • Trois fondateurs demandeurs d'emploi à 40, 30 et 30 %, le premier président : le cas 3 est rempli.
  • Un fondateur à 3 % face à un associé à 60 % : 3 % est moins d'un dixième de 60 %, pas d'ACRE pour lui.

L'ACRE se demande à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d'activité. L'ARCE verse 60 % des droits restants en deux fois et suppose l'ACRE. Sinon, l'allocation peut être maintenue : la rémunération du mandat en est déduite à hauteur de 70 %, et pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2025, le maintien s'arrête quand 60 % des droits restants au démarrage ont été versés.

Être associé et salarié

Un associé peut être salarié de sa société si le contrat est réel : des tâches techniques distinctes de celles d'un dirigeant, un salaire qui y correspond, et un lien de subordination. C'est exclu pour un gérant majoritaire de SARL ou un président associé unique ou majoritaire de SAS.

Le salarié cotise à l'assurance chômage, mais France Travail vérifie, s'il perd son emploi, que le contrat était réel. Un gérant égalitaire de SARL ou l'associé unique d'une EURL n'est pas couvert, même avec un contrat de travail. Une fois le contrat signé, l'employeur ou le salarié peut demander une étude de sa situation sur démarches-simplifiées. France Travail n'étudie pas les situations futures.

Un associé qui travaille régulièrement pour la société sans contrat de travail ni mandat prend un risque : il peut être requalifié en salarié, et la société poursuivie pour travail dissimulé. Donne-lui un statut, salarié ou dirigeant, avant ou en même temps que son entrée au capital.

Le chiffre à retenir

Mandat social seul0 %de cotisation chômage : être président, directeur général ou gérant ne donne aucun droit au chômage, même assimilé salarié.

Mettre de l'argent dans la société

Le capital reste dans la société : il donne des droits de vote et une part des bénéfices, et n'est remboursé qu'en cas de réduction de capital ou de liquidation. Le compte courant d'associé est un prêt : il peut être remboursé et rapporter des intérêts, déductibles pour la société jusqu'à un taux maximum publié chaque trimestre.

Un proche qui n'est pas encore associé et souscrit en argent au capital d'une PME éligible peut réduire son impôt de 18 % de son versement, dans la limite de 50 000 € par an pour une personne seule (100 000 € pour un couple), s'il garde ses titres 5 ans. La société doit notamment compter au moins deux salariés à la clôture de l'exercice qui suit la souscription. Un apport en compte courant n'y ouvre pas droit.

Exemple chiffré

10 000 € souscrits au capital1 800 €de réduction d'impôt, dans la limite de l'impôt dû.

Les accords entre la société et un associé

Facturer sa société avec sa micro-entreprise, lui louer un local, lui prêter de l'argent : ce sont des conventions réglementées. En SARL, toute convention avec un gérant ou un associé est soumise aux associés, et l'intéressé ne vote pas. En SAS, c'est le cas avec le président, un dirigeant ou un associé qui a plus de 10 % des droits de vote. Les opérations courantes conclues à des conditions normales en sont exclues. Les associés statuent après coup, chaque année, sur un rapport ; en SARL sans commissaire aux comptes, la convention d'un gérant non associé est approuvée à l'avance. En SASU et en EURL, une simple mention au registre des décisions suffit.

La prestation doit être réelle, au prix normal, et distincte du mandat. Faire payer par la société des dépenses qui te profitent personnellement, même par ta holding, expose à l'abus de biens sociaux.

Ce qui relève d'un avocat

Sacha explique les règles ; ces sujets se règlent avec un avocat, de préférence avant de signer les statuts :

  • le pacte d'associés : gouvernance, entrée et sortie, bon et mauvais partant, acquisition progressive des titres ;
  • la répartition du capital quand quelqu'un apporte une idée ou du travail plutôt que de l'argent ;
  • l'entrée d'un associé ou d'un investisseur, et la valeur de la société ;
  • un désaccord entre associés, la sortie d'un associé ;
  • une holding, un apport de titres, une cession.

Ce que Sacha vérifie aussi

  • Ton rôle, ta part du capital et, en SARL, la gérance, avant tout calcul.
  • Ta rémunération et ta part des dividendes, pour plusieurs répartitions.
  • Les seuils qui comptent : contrôle effectif pour l'ACRE, gérance majoritaire, taux réduit d'impôt sur les sociétés.
  • Les sujets de startup : jeune entreprise innovante, crédit d'impôt recherche, BSPCE, au niveau de l'information.
Sacha, l’assistant de Fiscopote

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Questions fréquentes

SASU ou SAS, EURL ou SARL : quelle différence ?

La SASU est une SAS à un seul associé, l'EURL une SARL à un seul associé. Dès qu'un deuxième associé entre, la SASU devient une SAS et l'EURL une SARL, sans changer de société.

Peut-on ne rémunérer qu'un seul associé ?

Oui. La rémunération paie un mandat de dirigeant ou un travail, pas le fait d'être associé. L'associé non rémunéré touche sa part des dividendes.

Associé salarié : ai-je droit au chômage ?

Oui si le contrat est réel : tâches techniques distinctes, salaire correspondant, lien de subordination. Demande à France Travail une étude de ta situation une fois le contrat signé. Un président associé unique ou majoritaire de SAS, un gérant majoritaire ou égalitaire de SARL ou l'associé unique d'une EURL ne peut pas être couvert.

Comment se partagent les dividendes entre associés ?

À proportion de la part de chacun dans le capital, sauf clause des statuts. Une clause qui donnerait tout le bénéfice à un seul associé est réputée non écrite.

Un proche veut investir : a-t-il une réduction d'impôt ?

S'il n'est pas encore associé et souscrit en argent au capital d'une PME éligible, il peut réduire son impôt de 18 % de son versement, dans la limite de 50 000 € par an, à condition de garder ses titres 5 ans. Un prêt en compte courant n'y ouvre pas droit.

Sources

  1. Code de la sécurité sociale, art. L. 311-3, 11° et 23° (statut des gérants de SARL et des dirigeants de SAS) et art. L. 136-3, II, 2° (règle des 10 %) — legifrance.gouv.fr
  2. Code civil, art. 1844-1 (partage des bénéfices) — legifrance.gouv.fr
  3. Code de commerce, art. L. 223-19, L. 223-20, L. 227-5, L. 227-6 et L. 227-10 (gérance, statuts de la SAS, conventions réglementées) — legifrance.gouv.fr
  4. Code du travail, art. R. 5141-2 (contrôle effectif pour l'ACRE) — legifrance.gouv.fr
  5. France Travail, « Mandataire social et salarié » (mise à jour du 18/09/2025) — francetravail.fr
  6. Bpifrance Création, « Cumul d'un mandat social et d'un contrat de travail » — bpifrance-creation.fr
  7. Code général des impôts, art. 199 terdecies-0 A ; BOFiP BOI-IR-RICI-90-10-10 et BOI-IR-RICI-90-10-20-30 (réduction d'impôt pour souscription au capital de PME) — bofip.impots.gouv.fr
  8. Code général des impôts, art. 39, 1-3° et 219 (intérêts de compte courant, impôt sur les sociétés) — legifrance.gouv.fr
  9. Service-public.fr, « Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (Arce) » (F15252) — service-public.gouv.fr
  10. Cour de cassation, chambre commerciale, 4 mai 2010, n° 09-13.205 (rémunération du gérant de SARL)

Vérifié le 31 octobre 2026, avec les mêmes données que Sacha. Prochaine vérification : janvier 2027, après la loi de finances et la loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. Une erreur ? Écris-nous à contact@fiscopote.fr.

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